BATTICE – BEAUJEAN Gustave – Victime civile (44 ans) – 07/08/1914

Les Forts liégeois résistent. Les troupes allemandes battent en retraite. Les Allemands sont très nerveux.

A Battice, chez Henri Fortemps, 40 personnes réfugiées à la ferme sont obligées de sortir sous la menace du révolver. Parmi eux, les boches choisissent M. Kevers, qui ira rejoindre MM. Lecloux et Beaujean déjà prisonniers. Quelques jours plus tard, on retrouvait les corps de ces derniers avec ceux de MM. Midrolet, Ruwet et Xhauflaire près du passage à niveau. (source : rapport sur la destruction de Battice lors de l’invasion allemande – A. Rahier)

Gustave Beaujean est né à Bouxhmont le 18 janvier 1870. Il est un ancien élève du Collège Marie-Thérèse. Il épouse Eugénie Collette.(source : www.bel-memorial.org)

Autre version : En ce 6 août, la chaleur dégagée par les feux des maisons est insupportable. Les incendiaires s’en écartent mais continuent néanmoins leur sinistre besogne. Les voilà sur la route de la Minerie.

Toutes les rues sont infestées de militaires en armes. Un petit groupe d’habitants anxieux ne sait plus quelle direction prendre. Les hommes Midrolet, Kevers et Lieutenant sont appréhendés et sous bonne escorte, traînés sur le chemin de la Minerie, tandis que, sous un déguisement féminin, Jean Gorissen réussit à s’échapper.

Le long de la voie ferrée s’avance un groupe d’uniformes au centre duquel on distingue Mathieu Decloux et Gustave Beaujean, emmenés de leur ferme de Bouxhmont.

Emile Xhaufflaire de La Minerie vient grossir le groupe des otages.

Au passage à niveau, c’est le rendez-vous de la mort pour tous ces hommes.

Dans la prairie, en contrebas de la ligne de chemin de fer, l’endroit parait tout indiqué. « Rauss », les six hommes descendent. Désormais leur pas sont comptés.

Sur place, Lieutenant, un vieillard commotionné, essaye de se faire comprendre en patois. Les Allemands l’arrachent du lot, le bousculent et lui ordonnent de disparaître en disant : « Si tu parles, tu seras fusillé ! « 

Les autres savent maintenant ce qui les attend. Voilà des pelles. Ils devront creuser eux-mêmes leur fosse. En-dessous du gazon, une terre argileuse. Dieu que cette terre a dû leur sembler lourde. La cavité n’est pas besoin d’être profonde, juste assez pour que les corps puissent être recouverts. Maintenant, c’est l’heure de la séparation. Alignés devant leur trou, ils font face aux fusils braqués sur eux. Une salve ! Les corps s’affaisent. La terre se referme. Longtemps on les cherchera. (source : H. Rahier)

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